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L'Histoire est un spectacle

Le spectacle du Château d'Ecouen se déroule tous les ans au printemps dans les jardins du Musée de la Renaissance ,d'une durée de 2h30 et 13 tableaux.Il a pour thème la Renaissance et ses personnages historiques: François 1er, Henri II, Anne de Montmorency, Léonard de Vinci,Catherine de Médicis et bien d'autres acteurs du XVIéme siècle.
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samedi 18 septembre 2010

Spectacle Château Ecouen Renaissance Guerre de Religions 1559 l' Édit d'Écouen



Le Château d'Ecouen, résidence d'Anne de Montmorency 
La France du XVIème siècle et la Religion
Édit d'Écouen
L'Edit d'Écouen est un acte promulgué par le Roi de France Henri II le 2 juin 1559 afin de réprimer sévèrement l'hérésie calviniste. Il est pris avant le début des guerres de religion du XVIe siècle, et aura une influence certaine sur le déclenchement de celles-ci.
 Henri II
C'est sous le règne d'Henri II que la réforme protestante se développe en France. Le Roi, fervent catholique, décide rapidement de prendre des mesures pour limiter l'extension de la nouvelle religion. Ainsi les Edits de Paris puis de Chateaubriand (1549 et 1551) développement entre autres les pouvoirs des juges catholiques pour condamner les hérétiques. Ils sont complétés par l'Edit de Compiègne du 24 juillet 1557 qui accentue encore la répression par les tribunaux publics, y compris envers les catholiques aidant ou hébergeant des protestants. Néanmoins l'Inquisition n'est pas rétablie dans le Royaume, du à un conflit d'Henri II avec le Pape Jules III.


Henri II est conseillé par Diane de Poitiers, sa favorite, qui a eu beaucoup d'influence sur lui. Véritable femme d'État, et catholique convaincue, elle poussera toujours le Roi à la plus grande fermeté envers les "hérétiques".

Malgré la persécution et le nombre croissant de procès en hérésie, le protestantisme ne cesse de se développer en France, y compris chez les nobles. En septembre 1557, une émeute menée par les réformés éclate à Paris, rue Saint-Jacques. Henri II est victime d'une tentative d'assassinat, mais il ne sera pas prouvé que c'était l'œuvre des protestants puisque l'homme est immédiatement exécuté.

Suite à ces troubles religieux de son règne.Henri II, le Roi, en villégiature au château d'Ecouen, (demeure du Connétable Anne de Montmorency), promulgue l' Édit d'Ecouen.

L'Edit est promulgué le 2 juin 1559 à Ecouen. Il stipule que tous les protestants révoltés ou en fuite doivent être abattus sans procès. L'Edit d'Ecouen sort ainsi du cadre légal, ce qui constitue une rupture avec les édits précédents.

Dans le même temps que l'Édit, Henri II rédige une suite de courriers, "les lettres d'Ecouen", qui donnent mission à certains notables de traquer les réformés.

Cet acte révolte une partie du Parlement, dont certains membres ont pris le parti de la Réforme. Le 10 juin, Henri II se rend à la séance plénière du Parlement de Paris pour tenir un lit de justice afin de faire enregistrer l'édit. A cet occasion plusieurs Parlementaires protestent publiquement. Henri II ordonne que les Parlementaires critiques soient embastillés. La plupart se rétracteront et seront libérés, à l'exception d'Anne du Bourg, fervent calviniste. Il sera pendu puis brûlé en place de Grève.

L'Edit d'Ecouen et le supplice d'Anne du Bourg sont clairement les préludes des guerres de religion.


 Exécution d'Anne de Bourg (1559)

De façon générale, les Édits du Roi étaient mal appliqués du fait de la faiblesse des structures administratives et judiciaires dans un Royaume encore peu centralisé. De plus, une partie des officiers convaincus par la Réforme, n'appliqueront volontairement pas les actes royaux. Et c'est justement parce que les édits n'ont que peu d'effet qu'il se produira une escalade dans la brutalité de la persécution exigée par Henri II.

Henri II meurt accidentellement quelques mois après l'Édit d'Ecouen, événement qui permettra à Catherine de Médicis d'ouvrir une régence au nom au jeune Charles IX. Pour trouver une conciliation entre protestants et catholiques, elle écartera les Guise du pouvoir, provoquant de nombreux conflits à la Cour. Les Guise et les Montmorency, les deux grandes Maison rivales du Royaume auront une grande influence dans les guerres de religion. Si tous les Montmorency ne sont pas protestants, ils profiteront du conflit pour s'en prendre aux Guise, meneurs du parti catholique.

Malgré les édits de Catherine de Médicis défendant la liberté de culte, la marche à la guerre devient inéluctable après le massacre de Wassy (74 protestants assassinés par François de Guise).

Source Wikipedia® 

Le Tournoi  de la Place Royale (juin 1559)




Le 30 juin 1559, le roi de France Henri II organise un tournoi
(jeu qui permet de s'entraîner), devant l'hôtel des Tournelles
(près de l'actuelle place des Vosges), en l'honneur de deux
mariages - celui de la sœur du roi Henri II, Marguerite avec
Emmanuel-Philibert - duc de Savoie -, et celui d'Élisabeth
sa fille avec Philippe II d'Espagne - conclus quelques semaines
plus tôt au Traité de Cateau-Cambrésis (3 avril 1559).

Henri II, bien que de constitution très robuste et habituellement
fort adroit aux exercices des armes, est grièvement blessé
à la tête, le 30 juin 1559, par la lance du comte Gabriel
de Montgomery qui pénètre à travers la visière du casque
du roi : "Un gros éclat frappa le front au-dessous du sourcil
droit et déchirant la chair, vient s'enfoncer dans un coin
de l'œil gauche; plusieurs fragments percèrent
l'œil même; l'os frontal ne fut pas touché...". Après avoir lavé la
plaie au blanc d'œuf, les médecins administrent au roi une potion
faite de rhubarbe et de camomille.

Les meilleurs chirurgiens sont requis pour traiter le souverain.
Paré et Vésale au chevet du roi
©Richard Blanc

La Renaissance et La Chasse aux Hérétiques(1) De François 1er à Henri II jusqu'au massacre de la Saint Barthélemy (24 août 1572)

François 1er


La Chasse aux Hérétiques(1)
De François 1er à Henri II jusqu'au massacre de la Saint Barthélemy (24 août 1572)


La Chambre Ardente au XVIème siècle (1535)

La liberté de conscience en France sous François 1er et Henri II (1540-1550)

La Chambre ardente a été à différentes époques en France un tribunal extraordinaire qui prononçait des peines très sévères, habituellement la mort par le feu. Cette commission a été appelée « chambre ardente », car les procès se tenaient dans une pièce tendue de noir et éclairée par des torches ou des bougies.

L'INSTITUTION DE LA "CHAMBRE ARDENTE"(8 octobre 1547)

 Le jour de son sacre, Henri II est exhorté par le cardinal de Lorraine à défendre l'Eglise contre les périls qui la menacent : "Il ne doit pas être uniquement le roi de France, mais encore, ce qui n'appartient qu'aux rois français, le prêtre et comme le serviteur public du Dieu tout puissant". Telle est bien l'intention du roi qui, le 8 octobre 1547, institue au Parlement de Paris une "Chambre ardente" chargée d'instruire les procès d'hérésie.

Jean Calvin

Dans les premières décennies du XVIème siècle, les thèses de Martin Luther et de Jean Calvin se sont répandues dans toute l'Europe, et les adeptes de la Réforme protestante sont de plus en plus nombreux. Avec l'avènement d'Henri II, la répression contre les huguenots "hérétiques" se durcit considérablement. Soucieux "d'exterminer" les rebelles au dogme de l'Eglise romaine, le roi institue une chambre spécialement chargée d'instruire les procès d'hérésie. Cette juridiction d'exception ne se verra attribuer le qualificatif "d'ardente" que plus tard, après qu'elle aura prononcé maintes condamnations au bûcher. Esprit étroit et vindicatif, Henri II est encore plus porté que François 1er à considérer les protestants comme des ennemis à la fois de la religion et de l'Etat. Il ne connaît pas les hésitations qui ont marqué le début du règne de son père, et la Chambre ardente doit fonctionner "tant que les erreurs dureront dans tout le royaume".


Martin Luther (1532)
La Chambre ardente est dirigée par deux présidents en cour de Parlement, François de Saint André et Pierre Lizet, et réunit quatorze conseillers, issus de la Grand Chambre ou des Enquêtes. Elle n'est compétente que pour la région de Paris, les pays de la Loire, la Normandie, la Picardie et la Champagne. A la différence de l'Espagne, les inquisiteurs de la foi, nommés par le Saint Siège, sont placés sous la juridiction des tribunaux royaux : depuis le concordat de Bologne de 1516, l'Eglise de France est subordonnée au pouvoir royal, qui a pour mission de protéger et d'imposer la doctrine officielle.
Les premiers arrêts de la Chambre ardente sont rendus en mai 1548. Comme le désire l'Eglise, qu'il sert avec zèle, François de Saint André s'efforce d'obtenir que les "accusés" se rétractent, les oblige à faire amende honorable et leur inflige des peines diverses, mais signe peu d'arrêts de mort. Pierre Lizet, lui, se montre d'autant plus féroce qu'il se pique de théologie, à laquelle il n'entend pourtant rien, et prononce des verdicts d'une sévérité implacable.
Le premier procès de grande envergure se déroule le 28 juin 1548 et concerne l'Eglise secrète de Langres, en Champagne. Pendant plusieurs années, le Tourangeau Robert Lelièvre a défié les inquisiteurs, évangélisant Bourges, Sens, Blois et même Angers. Mais il est tombé avec plusieurs de ses "complices" entre les mains de la justice. Les habitants de Langres sont pour la plupart impliqués dans cette affaire, qui se conclut par deux autodafés, l'un de quatre bûchers, place Maubert, à Paris, le 1er août, l'autre de huit bûchers, à Langres, le 3 septembre. De nombreux huguenots doivent faire amende honorable, et la maison où ils se réunissaient à Langres est rasée.

Henri II


La Chambre ardente s'occupe aussi de censure. Le 15 mai 1548, le chancelier de l'Université obtient la condamnation explicite des Bibles de l'humaniste et imprimeur Robert Estienne et leur inscription à l'index. La possession de livres interdits, au premier chef L'Institution chrétienne de Calvin, manifeste de la Réforme, est réprimée au même titre que les réunions de prières. Les condamnations vont de l'amende honorable, pieds nus, en chemise et un cierge à la main, au bûcher pour les "obstinés" qui persistent dans leur foi, en passant par la fustigation et le bannissement avec confiscation des biens. A l'origine des procès il y a presque toujours une dénonciation. La motivation des délateurs (qui évitent cependant d'accuser faussement des gens trop puissants dont, s'ils étaient innocentés, la vengeance serait terrible) n'est pas étrangère au fait qu'ils récupèrent les biens des condamnés...
La Chambre ardente fonctionne jusqu'en janvier 1550, date à laquelle Henri II pense avoir éradiqué les idées dangereuses, et rares sont alors à la Cour ceux qui avouent leurs sympathies pour la Réforme. En moins de deux ans, elle a prononcé près de cinq cents arrêts, dont soixante condamnations à mort. Les protestants les plus fortunés, comme Théodore de Bèze qui deviendra le collaborateur de Calvin, se réfugient à Genève. Mais ceux qui les aident à quitter le royaume risquent eux aussi le bûcher. Parmi les "coupables" d'hérésie figurent quantité de gens instruits, plutôt des marchands et des artisans que de riches bourgeois, et bon nombre de religieux, des prêtres comme des moines. C'est bien le signe que la Réforme sort des entrailles même de l'Eglise catholique. Luther n'était-il pas un moine augustin?


LA JUSTICE DE L'EGLISE

Contrairement au bas clergé, au sein duquel la Réforme a fait de nombreux adeptes, le haut clergé est mécontent de la création et des pouvoirs de la Chambre ardente. Déterminé à éradiquer "l'hérésie" et très attaché à ses privilèges, il obtient du roi, par l'édit de Paris du 19 novembre 1549, le rétablissement de son pouvoir juridictionnel. Dorénavant, les magistrats laïcs, baillis, sénéchaux et juges présidiaux, n'auront plus que le droit d'information et de prise de corps, et devront renvoyer les suspects devant les tribunaux ecclésiastiques. Y compris dans les cas simples, c'est à dire lorsque l'hérésie n'est pas publique et procède plus de l'ignorance, de l'erreur que "de vraie malice ou volonté de se séparer de l'union de l'Eglise".

© 2002 cliannaz@noos.fr

Colporteur XVIéme siècle
Histoire du premier Président du Parlement de Paris

Le  Premier Président du Parlement de Paris, entre 1529 et 1549, et co-fondateur de la Chambre Ardente, de sinistre mémoire (elle fonctionna de 1535 à 1560)

Pierre Lizet (1482-1554), Premier Président du Parlement de Paris

Pierre Lizet fut un éminent magistrat, Premier Président du Parlement de Paris, entre 1529 et 1549, et co-fondateur de la Chambre Ardente, de sinistre mémoire (elle fonctionna de 1535 à 1560).

Pierre Lizet est né en 1482 à Villemur, près de Salers, dans l’actuel Cantal, fils de Béraud Lizet et d’Isabelle de Chazettes. Son père étant licencié en "chacun droit" et avocat de la Duchesse de Bourbonnais, il suit la même voie avant de devenir docteur en droit civil et en droit canon, puis avocat au Parlement de Paris, certainement parrainé par Antoine Duprat, lui-même protégé de Louise de Savoie, mère de François Ier.

Malgré son latin "qui se ressentait aussi de la montagne et rappelait moins Rome que Clermont-Ferrand, Lizet est consulté pour les affaires de la ville de Paris, puis remarqué par le roi Louis XII qui le nomme conseiller-clerc au Parlement (charge confirmée en 1515 par François Ier). Du 29 juillet 1517 à 1529, il sera Premier Avocat du roi François Ier.

En 1520, il est chargé d’une réforme des hôpitaux parisiens, puis, en 1531, il est chargé d’enquêter sur la condition des enfants à l’Hôtel-Dieu de Paris. Enfin, en 1538, il a en charge la révision et la rédaction des Coutumes du Berry, en collaboration avec Pierre Mathé.

Il épouse Jeanne Henart, fille de Jean, trésorier-payeur du Parlement de Paris.

A la mort de Jean de Selve, le 10 décembre 1529, il est enfin reçu Premier Président au Parlement de Paris (le 20), ce qui lui ouvre les portes de la Haute Noblesse. Son zèle lors du procès du Connétable de Bourbon aurait convaincu le roi de lui offrir cette charge suprême.

Il connaîtra alors de nombreuses affaires célèbres, dont le divorce d’Henri VIII, roi d’Angleterre.

Il est également l’un des fondateurs de la Chambre Ardente, et manifeste alors un certain fanatisme à l’encontre des Protestants (selon Mr  Michaud. Cette chambre reste officieuse et n’aurait été mentionnée que par allusion dans un édit royal du 19 novembre 1549. Elle inaugure plusieurs années de terreur, mais rien ne permet de mesurer l’arbitraire dont aurait fait preuve Lizet. Certains auteurs ont affirmé qu’il aurait eu soin de condamner systématiquement les hérétiques déférés, d’autres sont plus nuancés. Beze (cf supra) figure parmi les victimes célèbres de cette chambre.

Lizet est alors au faite de sa gloire et préside même une procession expiatoire, le 4 juillet 1549, entre la Sainte-Chapelle et Saint-Paul, lors des fêtes dites de la "joyeuse entrée" d’Henri II et de Catherine de Médicis.

Il est ensuite invité au festin organisé dans les locaux épiscopaux, avant d’assister, avec les autres convives, aux bûchers et pendaisons constituant manifestement le clou des festivités, juste après le dessert.

Mais l’euphorie de Pierre Lizet sera de courte durée. Quelques semaines à peine après ces ripailles mystiques, il tombe en disgrâce. Non pas qu’il ait fauté dans son comportement docile, mais la nouvelle favorite du roi, Diane de POITIERS, a besoin de placer ses proches à des postes clef du pouvoir, et elle ne peut attendre la mort des occupants des dits postes.

Le prétexte fut tout trouvé lorsque Lizet refuse à plusieurs reprise de donner au duc de GUISE le titre de Prince, et qu’il ne s’effaça pas face au Cardinal de LORRAINE alors que celui-ci présidait le Grand Conseil.

Pierre Lizet perd sa charge au bénéfice du languedocien Jean Bertrandl. Il est alors nommé Abbé de Saint-Victor.

Devenu veuf, il utilise ce qui lui reste de fortune pour fonder un hôtel-dieu à Salers.

Il meurt le 7 juin 1554.



La vidéo du tournoi de chevalerie dans le spectacle "Anne de Montmorency"



A Paris près de l'actuelle place des Vosges, Henri II organisa une fête le 30 juin 1559 en l'honneur du mariage d'Élisabeth sa fille avec Philippe II d'Espagne. La foule arriva pour assister au tournoi organisé pour cette occasion. Henri II battit le duc de Nemours et celui de Guise. Il voulut un troisième assaut. Pour ce troisième assaut, Henri II rencontra Gabriel de Montgomery (1530-1574, capitaine de sa Garde écossaise. Les deux adversaires se heurtèrent violemment et le roi faillit tomber. Furieux, Henri II voulut un deuxième affrontement. Montgomery était prêt à s'avouer vaincu, la reine supplia le Roi de ne pas continuer. Mais Henri II déterminé, ne changea pas de position.

samedi 4 septembre 2010

Spectacle Château le Château du Roi François 1er : Fontainebleau

Renaissance : Le Château de François 1er



Fontainebleau


François Ier décide de faire édifier un logis de style Renaissance à l'emplacement du château féodal, permettant ainsi de moderniser un pied-à-terre proche de la vallée de Bière, le roi prétextant lui-même choisir cet endroit pour la chasse des bêtes « rousses et noires ». Il fait raser la précédente construction, à l'exception du donjon et d'une partie de la courtine nord, et fait appel à des artistes italiens pour assurer la construction et la décoration de son palais. C'est ainsi que sont édifiés un bâtiment dessinant la cour Ovale et un autre situé sur la basse cour ouest, tous deux reliés par une galerie. François Ier vient chasser à Fontainebleau, accompagné de sa cour et de sa favorite, la duchesse d'Étampes, délaissant ainsi plus ou moins le château de Blois, et annonçant le retour progressif de la cour dans les environs de Paris.
Plusieurs conducteurs de travaux se succèdent durant son règne : Florimond de Champeverne, secrétaire et valet de chambre du roi, est nommé en 1528 conducteur[11] jusqu'à sa mort en 1531. Pierre Paule dit l'Italien, présent dès 1528, ancien concierge du château de Moulins, valet de chambre de Louise de Savoie, dirige ensuite les travaux jusqu'à sa mort en 1535. Il est remplacé par acte du 21 avril 1543 par un conducteur particulier, Salomon des Herbaines, tapissier du roi, garde des meubles et tapisseries, qui présente l'avantage de résider sur place et travaille en collaboration avec Pierre des Hôtels, notaire, secrétaire et valet de chambre du roi ; il décède en 1557.

Triboulet fou du Roi François 1er


Les noms des architectes du château sont, quant à eux, plus hypothétiques : Sebastiano Serlio, pour sa part, se voyait offrir le 27 décembre 1541 l'assurance de 400 livres par an pour « son état de peintre et d'architecte au fait de ses édifices et bastiments au dit lieu de Fontainebleau ». Il apparaît néanmoins que son apport au sein de l'édifice reste limité. D'autres noms ont été avancés pour identifier l'architecte qui officia sous le règne de François Ier. Si Gilles Le Breton a effectivement travaillé sur le projet du château, il n'en est pas le créateur. Le Rosso ou Girolamo della Robbia qui a proposé des décors pour la porte Dorée, peuvent eux aussi figurer parmi les architectes potentiels. Les constructions successives du règne de François Ier, notamment pour la cour du Cheval Blanc, sont elles aussi relativement hypothétiques : les ailes basses sud et ouest de la susdite cour auraient été terminées en 1527, et les ailes basses nord l'année suivante. Le pavillon des Armes aurait été achevé vers 1530, tandis que la moitié sud du logis, le pavillon des Poêles et les bâtiments de la galerie d'Ulysse dateraient d'après 1535. La fin du règne de François Ier, décédé en 1547, aurait vu le remplacement de la chapelle.


Le roi souhaite faire de Fontainebleau un foyer de l'art de la Renaissance : il collectionne les objets d'art, commande des œuvres sur la mythologie, fait venir d'Italie des antiques. Il reçoit des tableaux de la part du pape, collectionne des œuvres de maîtres italiens (La Joconde et La Vierge aux rochers de Léonard de Vinci, la Sainte-Famille, Saint-Michel, et la Belle Jardinière de Raphaël) et fait venir des moules de statues romaines (Laocoon, Apollon du Belvédère...) afin de couler des bronzes. Pour la décoration du château, il commet Rosso Fiorentino qui réalise le pavillon de Pomone, le pavillon des « Poesles », la galerie Basse (tous détruits) et surtout la galerie François-Ier (1534-1540). Giorgio Vasari désigne Fontainebleau comme la « Nouvelle Rome »[2] et son école est renommée dans toute l'Europe de l’Ouest. François Ier constitue dans le château une importante bibliothèque, ancêtre de la bibliothèque nationale. Le château de Fontainebleau reçoit, entre le 4 et le 27 décembre 1536, la visite de Jacques V d'Écosse, futur époux de Madeleine de France. C'est en 1539 que François Ier reçoit à Fontainebleau Charles Quint et lui fait visiter son palais, entre le 24 et le 30 décembre[12]. Ronsard se fera l'écho du faste déployé au château par l'écriture de quelques vers :

« Quand verrons-nous par tout Fontainebleau

De chambre en chambre aller les mascarades... »

Le fils de François Ier, le roi de France Henri II, complète le château avec une salle de bal et une chapelle, reliées à l'édifice par la célèbre galerie François-Ier, qui fait face à l'étang des Carpes. Il nomme Philibert Delorme pour vérifier et visiter le château le 3 avril 1548, date à laquelle la suite des travaux lui est confiée. C'est ainsi qu'une grande partie du château actuel voit le jour, dont la salle de bal. C'est à Fontainebleau que naissent les enfants de Henri II et de Catherine de Médicis, les futurs rois François II (19 janvier 1544) et Henri III (19 septembre 1551) ainsi qu'Élisabeth de France (2 avril 1545), Claude de France (12 novembre 1547), Louis de France (3 février 1549), François d'Alençon (18 mars 1555) et les jumelles Victoire et Jeanne (24 juin 1556).

Deux jours après la mort d'Henri II en 1559, Catherine de Médicis remercie Philibert Delorme, protégé de Diane de Poitiers, et confie les travaux au Primatice qui devient surintendant des maisons royales le 12 juillet 1559. Le 17 juillet, le contrôleur général des bâtiments de France, Jean Bullant, est remplacé par François Sannat. C'est à cette époque que Niccolo dell'Abate décore le château. À la mort du Primatice, le 14 septembre 1570, celui-ci est remplacé par Tristan de Rostaing. Jean Bullant finit par revenir à Fontainebleau et est nommé auprès de Rostaing le 3 août 1571 comme architecte conducteur des travaux. À la mort de Jean Bullant en octobre 1578, le chantier est confié par Henri III à Baptiste Androuet du Cerceau.


Pendant le règne des trois fils d'Henri II (François II, Charles IX et Henri III), le château de Fontainebleau est moins habité, les monarques lui préférant le Louvre, ou encore les demeures du Val de Loire comme Amboise ou Blois. Le château est néanmoins le théâtre d'une assemblée de notables réunis du 21 au 31 août 1560 pour résoudre les questions religieuses qui troublent le royaume et aboutissant à la convocation des États Généraux. Le 31 janvier 1564, Charles IX et Catherine de Médicis reçoivent les ambassadeurs du pape, de l'empereur et du roi d'Espagne en vue d'une négociation afin que la France revienne sur l'édit de pacification d’Amboise.


Vidéo du Spectacle:le tournoi des chevaliers

vendredi 27 août 2010

Anne de Montmorency 1493-1567 le spectacle historique du Château d'Ecouen


Anne de Montmorency



Anne de Montmorency


Né à Chantilly le 15 mars 1493, Anne de Montmorency est le filleul de la reine Anne de Bretagne. Il se trouve apparenté aux Villiers de L'Isle-Adam du côté paternel et du côté maternel. En effet son père Guillaume de Montmorency avait pour bisaïeule Perronelle (ou Pernelle) de Villiers, mariée à Charles de Montmorency. D'autre part sa mère, Anne Pot, morte le 24 février 1510, était fille de Guy Pot et de Marie de Villiers (fille de Jacques de Villiers et de Jeanne de Nesle).

Dès l’âge de 10 ans, au château d’Amboise, il accompagne le futur roi François 1er, d’un an son cadet. Il sait gagner la confiance du souverain et connaîtra une carrière éclatante : gentilhomme de la chambre dès 1514, puis premier valet de celle-ci en avril 1520, fonctions enviables et enviées puisqu’elles assuraient des contacts quotidiens avec le roi ; chevalier de l’ordre de Saint-Michel, la plus haute distinction de ce temps, en 1522.

Il est d'abord connu sous le nom de Rochepot. Mais à la mort de son frère aîné Jean, en 1516, il devient l'héritier du nom.

Il est élevé dans le métier des armes et s'y distingue de bonne heure. Il prend une part des plus actives à tous les événements militaires et politiques des règnes de François 1er, Henri II et Charles IX. En 1515, il est à Marignan et à Mézières avec Bayard. Nommé capitaine de la Bastille le 31 octobre 1516, il est fait Maréchal de France le 6 avril 1522, titre qui lui ouvre l’accès au conseil du roi. Il est nommé gouverneur du Languedoc en 1524. Le 23 mars 1526, il est nommé Grand Maître de France, charge qui lui donne autorité sur tous les services de la Maison du roi et lui confie une sorte de surintendance sur les bâtiments et les domaines. Il est blessé et fait prisonnier à la bataille de Pavie en 1529, mais le roi François 1er paye sa rançon.




Le 10 janvier 1526, il épouse Madeleine de Savoie, fille de René de Savoie et d'Anne Lascaris, comtesse de Tende. A cette occasion la reine mère, Louise de Savoie, lui constitue 6.000 livres de rente sur son patrimoine ; la comtesse de Tende lui fait une dot de 50.000 livres ; le roi lui donne pareille somme et lui confère le comté de Beaumont-sur-Oise, qu'il déclare d'ailleurs rachetable par le domaine.

Par actes du 26 août et du 10 septembre 1527, Charles de Villiers donne, sous réserve d'usufruit en sa faveur, la châtellenie de l'Isle-Adam à Anne de Montmorency son cousin. Ce dernier gardera pendant 40 ans cette seigneurie. Le 11 septembre, il fait foi et hommage au roi pour cette châtellenie.

A la mort de son père, en 1531, Anne de Montmorency se retrouve à la tête d’un patrimoine important.


Le 9 juin 1531, François 1er , qui allait de Saint-Germain-en-Laye à Chantilly, s'arrête au château de L'Isle-Adam.


En 1535, Claude de Villiers, frère cadet de l'évêque Charles de Villiers, s'oppose à la prise de possession de la châtellenie de L'Isle-Adam par Anne de Montmorency, mais le 9 septembre 1538, le Parlement maintien le maréchal dans son droit.

Après avoir arrêté l'invasion des troupes de Charles Quint, il est fait connétable le 10 février 1538 par le roi François 1er à Moulins dans le château de l'ancien connétable Charles III, 8ème duc de Bourbon qui avait trahi le roi. Par cet honneur suprême il devient le plus haut dignitaire de la couronne.

Le 26 novembre 1539 et le 30 septembre 1540, Anne de Montmorency reçoit à nouveau le roi dans son château de L'Isle-Adam.

Mais lorsque Charles Quint promettant de donner au duc d'Orléans l'investiture du Milanais, eut obtenu le passage à travers la France pour châtier les Gantois révoltés, Montmorency fut disgracié pour avoir conseillé au roi de ne pas exiger de promesse écrite (1541). L'empereur, une fois maître de l'insurrection, osa déclarer qu'il n'avait rien promis.






La disgrâce du connétable est consommée le 14 juin 1541 et durera jusqu'à la fin du règne de François 1er. Retiré dans ses terres, Anne de Montmorency supportait cette disgrâce avec sérénité. Pour étendre ses domaines, il faisait de nombreuses acquisitions. Il surveillait la construction de ses châteaux de Chantilly, de Montmorency et d'Ecouen. Il réédifiait le château de L'Isle-Adam et le moulin banal, situé sur le pont de Parmain. Il faut dire qu'il possédait une fortune colossale avec six cents fiefs, plus de cent trente châteaux et seigneuries (la baronnie de Montmorency et les seigneuries de Compiègne, Chantilly, Ecouen, Villiers-le-Bel, l’Isle-Adam, Damville, Fère-en-Tardenois, ...) et plusieurs hôtels à Paris. Ces revenus considérables lui permettaient de protéger les artistes.

En 1547, le nouveau roi, Henri II, rappelle à la Cour le connétable, qui l'avait formé à la guerre. Il visita ses trois résidences, dont L'Isle-Adam, avant de se faire sacrer à Reims le 27 juillet. C'est au château de L'Isle-Adam que le 23 avril de la même année, il tint conseil au sujet de l'autorisation que lui avait demandée Vivonne de la Châtaigneraie de se battre avec Guy Chabot, baron de Jarnac. La Châtaigneraie avait tenu, devant le dauphin, des propos inconsidérés contre Chabot et celui-ci avait opposé un démenti si formel qu'il devait en résulter un duel. Ce duel judiciaire en champ clos, le dernier qui eu lieu en France, fut autorisé par le roi et se tint le 10 juillet à Saint-Germain-en-Laye, en présence de la famille royale et du connétable, qui fut juge du champ. D'un coup d'épée, Jarnac coupa le jarret de son adversaire et fut déclaré vainqueur.




Au mois d'août, le roi et le connétable reprirent aux Anglais trois forts autour de Boulogne-sur-Mer ; puis ils regagnèrent Paris en s'arrêtant huit jours à Amiens, trois à Chantilly, autant à Ecouen et à L'Isle-Adam. Peu après, Henri II, conseillé par Montmorency, conclut la paix, et Boulogne fut restitué à la France pour 400.000 écus d'or. C'est François de Montmorency, fils aîné du connétable Anne, qui prit possession de cette ville le 25 avril 1550, au nom du roi, qui y fit son entrée solennelle le 15 mai. Le 17 septembre Henri II était de nouveau au château de L'Isle-Adam. Le 2 juillet 1551, voulant conférer au connétable une dignité héréditaire, il érigea la baronnie de Montmorency en duché-pairie.

Le 3 février 1552, une sentence des requêtes du Palais adjuge à Anne de Montmorency la seigneurie de Jouy-le-Comte.

La guerre ayant repris, les impériaux occupent Thérouanne et font prisonnier François, fils aîné du connétable.

Au siège de Saint-Quentin, Anne de Montmorency combat en héros ; mais blessé à la hanche, il tombe de son cheval et est fait prisonnier. On paya pour sa rançon 200.000 écus d'or.

Revenu à la Cour, il conclut la paix, qui fut signée à Cateau-Cambrésis, le 3 avril 1559.

Le nouveau roi François II le reçut assez bien, lorsqu'il vint lui rendre ses hommages ; mais il lui dit qu'il était d'un âge à se reposer ; qu'il pourrait revenir à la cour et jouir de ses pensions. Le connétable lui demanda sa protection pour ses enfants et ses neveux et il se retira à Chantilly.

Le 21 janvier 1560, le duc de Montmorency et sa femme Madeleine de Savoie faisaient un partage testamentaire entre leurs enfants.

Mais le connétable reprend tout son crédit sous Charles IX. Il devient le chef des catholiques pendant les guerres de religion. A la tête des catholiques, il eut un cheval tué sous lui à la bataille de Dreux et reçut un coup de pistolet au visage ; aussitôt entouré d'ennemis, il dut se rendre (19 décembre 1562). Trois mois après, la paix allait être signée à Amboise.

Le 15 mai 1567, le connétable, seigneur châtelain de L'Isle-Adam, ordonnait la saisie du fief de Châteaupré, faute de devoirs non faits par Philippe de Cassan.





Le 1er octobre 1567, il assiste à la dédicace de l'église de L'Isle-Adam.

Déjà une nouvelle guerre de religion éclate. Le connétable gagne la bataille de Saint-Denis ; mais emporté par sa bravoure, il est grièvement blessé ; transporté à Paris dans son hôtel, il y expire le lendemain 12 novembre 1567. Ses obsèques seront célébrées solennellement à Notre-Dame. Son coeur est déposé aux Célestins de Paris dans un tombeau composé par Barthélemy Prieur et exécuté par Jean Bullant. Son corps est inhumé en l'église Saint-Martin de Montmorency, dans un beau mausolée commandé à Jean Bullant par Madeleine de Savoie, qui vécut jusqu'en 1586 et fut inhumée auprès du connétable. Anne de Montmorency termine ainsi stoïquement et pieusement une longue vie consacrée "à sa religion, à son roi, à sa patrie". Au cours de cette existence si noblement remplie et qui se trouve mêlée intimement à l'histoire de France au XVIème siècle, le connétable ne cessa de s'intéresser aux arts et aux artistes : le souvenir de la protection qu'il leur accorda nous est conservé par les travaux qu'il fit exécuter aux églises de Montmorency, de L'Isle-Adam et d'Ecouen, au grandiose château d'Ecouen et au château de Chantilly.

Anne de Montmorency, surnommé « le grand connétable », est le personnage le plus représentatif et le plus illustre de sa lignée.

Sa femme, Madeleine de Savoie, lui avait donné 12 enfants :

- François, l’aîné, qui lui succèdera ;

- Henri, qui remplaça son frère aîné, sans mort sans postérité ;

- Charles, fait duc de Damville et pair de France en 1610, marié à Renée de Cossé et décédé en 1612 ;

- Gabriel, baron de Montbéron, tué à la bataille de Dreux en 1562 ;

- Guillaume, seigneur de Thoré, marié à Léonore d’Humières, puis à Anne de Lalaing

- Eléonore, mariée à François III de la Tour ;

- Jeanne, qui épousa Louis de la Trémoille ;

- Catherine, mariée à Gilbert III de Lévis ;

- Marie, qui épousa Henri de Foix ;

- Anne, abbesse de la Trinité de Caen ;

- Louise, abbesse de Gercy ;

- Madeleine, abbesse de Caen après sa sœur Anne ; elle mourut en 1598

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source de cet article : http://amisisleadam.calva.asso.fr

mardi 24 août 2010

Histoire de France le XVIème le Sacre d'Henri II et de Catherine de Médicis à Saint Denis 10 juin 1549

Le Mariage d'Henri II et de Catherine de Médicis à Saint Denis

LE SACRE

Le 10 juin 1549, Catherine de Médicis est solennellement sacrée et couronnée reine de France. En ce jour qui devrait être dédié à sa gloire, elle est déçue par le manque de faste des cérémonies. Mais, surtout, elle enrage de voir Diane de Poitiers, la maîtresse du roi, superviser le protocole!

Catherine de Médicis à beau être l'épouse d'Henri II et lui avoir donné enfin un héritier, le futur François II, en janvier 1544, elle n'est reine de France qu'en titre : c'est la favorite Diane de Poitiers qui règne sur le cœur du roi et sur la Cour! En ce 10 juin 1549, la souveraine doit recevoir l'onction sacrée et être solennellement sacrée. Mais, lors de ces cérémonies, pourtant tout à elle dédiées, elle n'est pas sûre d'éclipser sa rivale.

Force est de constater que, dans la basilique de Saint Denis, le sacre de la reine de France est conduit par la maîtresse du roi! Alors que le cortège s'avance vers l'autel, Diane de Poitiers marche en tête parmi les princesses du sang. Elle arbore crânement le même manteau que Catherine de Médicis, rehaussé d'hermine, privilège des princesses et des duchesses. A l'occasion de la seule cérémonie au cours de laquelle elle ne peut décemment disputer la première place à la reine, elle a été désignée pour superviser le protocole.





Courtisans, hauts dignitaires et prélats n'ignorent rien de l'exceptionnelle faveur dont jouit Diane de Poitiers. Pourtant, voir briller en ce jour celle que le roi a nommée suivante de la reine leur semble une provocation déplacée. De surcroît, la favorite est secondée par ses deux filles, nées de son mariage avec Louis de Brézé, grand sénéchal de Normandie, Françoise, duchesse de Bouillon, et Louise, marquise de Mayenne. Pour le sacre du roi à Reims, le 26 juillet 1547, Diane de Poitiers se tenait au premier rang, tandis que Catherine de Médicis, enceinte de sa fille Claude, la future duchesse de Lorraine, était reléguée dans une tribune. Moins de deux ans plus tard, pour ce sacre qui est le sien, la reine n'a pu être écartée. Aujourd'hui, malgré la sobriété manifeste des célébrations, mais dans le recueillement et la dignité, elle va être solennellement intronisée second personnage du royaume. La souveraine vient d'être coiffée de la couronne rutilante des précieuses gemmes de la royauté. Le cérémonial veut qu'elle en soit ensuite débarrassée pour entendre la messe. C'est alors que survient un incident édifiant. Respectant scrupuleusement les instructions, Louise de Mayenne s'avance vers la reine et la décharge de son fardeau. Puis elle se retourne et se dirige vers sa mère. Chacun, médusé et le souffle coupé, la voit déposer la couronne aux pieds de Diane de Poitiers! Celle-ci ne bronche pas et reçoit cette offrande symbolique comme un dû. La reine Catherine, elle, reste de marbre. Pas un instant son regard ne se tourne vers sa rivale : elle n'a rien vu et n'aura pas un mot pour commenter cette humiliante péripétie.

Six jours après le couronnement de Catherine de Médicis, le 16 juin, le couple royal fait son entrée dans Paris. L'accueil triomphal que lui fait la capitale redonne du baume au cœur de la reine. La ville est superbement décorée. Les aménagements réglés pour une célébration à l'antique de la monarchie ne font aucune référence directe à la favorite. Mais, si son monogramme ne figure sur aucun décor, Diane de Poitiers a fièrement pris la place qui lui revient au sein du cortège.

Pour fêter la reine nouvellement sacrée, les plus grands artistes du temps ont été sollicités. L'architecte Pierre Lescot, le sculpteur Jean Goujon, le peintre Jean Cousin ont conçu et fait réaliser d'extraordinaires décors monumentaux. Pour l'occasion, le poète Pierre de Ronsard a rédigé des inscriptions en vers, l'helléniste Jean Dorat s'est chargé des devises grecques et latines.




A la porte Saint Denis, passage obligé des entrées royales, se dresse un arc de triomphe orné d'un hercule couronné représentant François 1er, de colosses et de quatre personnages figurant les sujets du roi, un noble, un clerc, un bourgeois et un paysan. Devant l'église Saint Jacques de l'Hôpital, un spectaculaire arc corinthien a été érigé; au Châtelet, un portique ionien a été élevé; le pont Notre Dame est jalonné d'arcs de triomphe. Tandis que des anges veillent sur la Couronne, une statue de la France trône au sommet d'un obélisque, sous lequel un rhinocéros symbolisant les forces du mal écrase des monstres. Chaleureusement acclamés par le bon peuple, Catherine de Médicis et Henri II passent sous un dernier arc de triomphe, rue Saint Antoine, avant de regagner leur résidence du palais des Tournelles.

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LA FONTAINE DES INNOCENTS

Paris et la célèbre fontaine des Innocents gardent encore aujourd'hui la souvenir de l'entrée triomphale de Catherine de Médicis et d'Henri II. Le 16 juin 1547, la grande fontaine, sise à l'angle de la rue Saint Denis et de la rue aux Fers (actuelle rue Berger), suscite l'émerveillement des souverains. Elle est ornée d'une dentelle signée par Jean Goujon et Pierre Lescot, tout en légèreté et élégance, à l'image des naïades des bas-reliefs et des masques cracheurs d'eau. Ses arcades aux balustres de bronze et aux pilastres cannelés sont gardées par des nymphes aériennes. Des dauphins sculptés y évoluent entre des représentations de la Renommée. Les écussons alternent avec les fleurs de lys de France et les fameuses "pilules" des Médicis. Démontée puis réédifiée pierre par pierre au fil des transformations du quartier des Halles, la délicate fontaine des Innocents reste le symbole de la reine Catherine.

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